Aides & droits

L’école me dit : « Nous n’avons pas les moyens de faire ce qui est prévu »

« Nous n’avons pas le budget. »
« Nous n’avons pas suffisamment d’AESH. »
« Les recrutements se font à la rentrée. »
« Nous n’avons personne pour mettre cet aménagement en place. »

Ces phrases, les familles d’enfants en situation de handicap peuvent malheureusement les entendre régulièrement. Et il est parfaitement possible que l’établissement rencontre réellement des difficultés de personnel, de matériel ou d’organisation.

Mais une difficulté rencontrée par l’établissement ne fait pas disparaître les besoins de votre enfant ni les mesures qui lui ont été accordées.

Alors, que répondre lorsque l’on vous explique que ce qui est prévu ne peut pas être mis en place ?

BD générée avec l’aide de l’IA et entièrement retravaillée par mes soins, spécialement créée pour Alyss à Dysland.

🔹Ne cherchez pas à résoudre le problème de l’établissement

Lorsque l’on vous explique qu’il n’y a pas suffisamment de personnel ou que le budget ne permet pas de mettre en place une mesure, vous pouvez entendre cette difficulté sans pour autant avoir à en trouver vous-même la solution.

Vous n’avez pas à expliquer comment recruter une AESH, comment organiser le service ou comment financer le matériel nécessaire. Votre demande concerne votre enfant : vous demandez que les mesures prévues pour lui soient effectivement mises en œuvre.

Plutôt que de discuter pendant des heures des raisons pour lesquelles l’établissement ne peut pas faire ce qui est prévu, recentrez simplement la conversation sur la solution :

« Je comprends les difficultés rencontrées. Quelles mesures sont prévues afin que mon enfant puisse néanmoins bénéficier de l’accompagnement / des aménagements prévus ? »

Cette question permet de reconnaître la difficulté signalée tout en revenant à l’essentiel : qu’est-ce qui va être fait pour votre enfant ?

🔹« Nous n’avons pas les moyens » n’est pas une réponse suffisante

Le manque de personnel, de matériel ou de moyens peut expliquer pourquoi une mesure n’est pas actuellement mise en œuvre. Mais cela ne répond pas à la question de savoir comment et quand elle va l’être.

Si votre enfant bénéficie d’une notification d’AESH, par exemple, le fait que l’établissement manque d’AESH explique une difficulté d’organisation. Il ne répond pas à la question de la mise en œuvre de la notification.

De la même manière, si son PPS prévoit certains aménagements, le manque de temps ou les difficultés d’organisation de l’équipe peuvent être réels, mais ils ne modifient pas pour autant les mesures prévues dans son PPS.

Le problème à résoudre reste donc le même : votre enfant ne bénéficie pas actuellement de ce qui est prévu.

🔹Demandez ce qui est prévu pour régler la situation

Lorsque l’on vous répond que la situation est temporaire ou qu’une solution est recherchée, demandez simplement quelles mesures sont prévues et dans quel délai.

Vous pouvez par exemple demander :

« Quelles dispositions sont prévues afin que mon enfant puisse bénéficier de la mesure prévue, et dans quel délai ? »

L’objectif n’est pas d’obtenir immédiatement une réponse parfaite. Il s’agit surtout d’éviter que la situation reste indéfiniment dans un vague « on va voir » ou « ça devrait s’arranger ».

Et lorsque la situation concerne un accompagnement ou un aménagement important pour votre enfant, privilégiez les échanges écrits. Vous pourrez ainsi conserver une trace de ce qui a été demandé et des réponses apportées.

🔹Et si on vous répond toujours « on ne peut pas » ?

Si l’établissement vous explique qu’il ne peut pas mettre en œuvre la mesure prévue et qu’aucune solution concrète ne vous est proposée, vous pouvez passer à l’interlocuteur suivant.

Selon la situation, il peut s’agir de l’enseignant référent, des services compétents de l’Éducation nationale ou du service à l’origine de la décision concernée.

Vous n’avez pas besoin de recommencer toute l’histoire à chaque interlocuteur. Conservez vos échanges et transmettez les éléments permettant de comprendre rapidement la situation : ce qui a été décidé, ce qui n’est pas mis en place et les démarches déjà effectuées.

🔹Ne culpabilisez pas de demander que les droits de votre enfant soient respectés

Il arrive que les familles hésitent à insister parce qu’elles savent que les enseignants, les AESH et les établissements font eux aussi face à des difficultés importantes.

Cette compréhension est parfaitement légitime. Mais elle ne doit pas conduire les parents à renoncer à ce dont leur enfant a besoin.

Demander que les mesures prévues soient mises en œuvre, ce n’est pas demander un traitement de faveur.

Les familles ont souvent déjà dû multiplier les démarches pour faire reconnaître les besoins de leur enfant et obtenir les aides et aménagements nécessaires. Une fois ces décisions obtenues, elles ne devraient pas avoir à recommencer le même combat pour qu’elles soient effectivement appliquées.

Vous pouvez comprendre les difficultés rencontrées par l’établissement tout en demandant que votre enfant bénéficie des mesures qui lui ont été accordées. Les deux ne sont pas incompatibles.

🔹Et concrètement, que faire ?

Si l’on vous répond que l’établissement n’a pas les moyens de mettre en place ce qui est prévu, commencez par demander quelles mesures sont envisagées pour que votre enfant puisse malgré tout en bénéficier. Faites cette demande par écrit si la situation ne se règle pas rapidement et conservez les réponses.

Vous pourrez vous en servir pour préparer vos échanges et, si nécessaire, vous appuyer sur les modèles de courriers déjà proposés sur le blog.

Si aucune solution n’est proposée, adressez-vous à l’interlocuteur compétent pour la situation de votre enfant. Vous pouvez également vous appuyer sur les démarches détaillées dans nos articles consacrés à l’AESH, au PPS ou à la mise en œuvre des décisions concernant la scolarité.

Le manque de moyens peut expliquer une difficulté. Il ne doit pas devenir la raison pour laquelle votre enfant reste sans la mesure dont il a besoin.

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