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La dyspraxie : comprendre pour mieux accompagner son enfant

La dyspraxie (du grec dys : fonctionne mal, et praxie : coordination des gestes appris), aussi appelée trouble développemental de la coordination (TDC), trouble d’acquisition de la coordination (TAC) ou dyspraxie développementale (DD), est un trouble neurologique qui apparaît dès l’enfance. La dyspraxie est un handicap invisible, souvent mal compris, qui touche la planification et la coordination des gestes. L’enfant sait ce qu’il veut faire, mais son corps ne suit pas toujours correctement.

🔹Les différents types de dyspraxies

On distingue plusieurs formes de dyspraxie, qui peuvent parfois se combiner :

  • la dyspraxie visuo-spatiale
  • la dyspraxie idéomotrice
  • la dyspraxie idéatoire
  • la dyspraxie constructive
  • la dyspraxie de l’habillage
  • la dyspraxie oro-faciale

🔹Le premier signe : une maladresse importante 

Le premier signe souvent repéré est une extrême maladresse, bien au-delà de ce qu’on observe habituellement chez un enfant du même âge.

Les enfants concernés sont souvent décrits avec des phrases comme :

  • « Il est dans la lune. »
  • « Il décroche vite. »
  • « Il est ailleurs. »
  • « Il est rêveur. »
  • « Quand il veut, il peut… donc il peut faire des efforts/il est capable. »

Ces remarques, bien qu’anodines en apparence, peuvent parfois masquer un véritable trouble neurodéveloppemental.

🔹Le repérage : un rôle essentiel de l’école

Les enseignants jouent un rôle clé dans le repérage des difficultés puisque c’est souvent à l’école que les signes apparaissent en premier. Mais le repérage ne suffit pas : il est essentiel que la famille, les professionnels de santé et l’école travaillent ensemble. Cette coordination est encore trop rare, comme vous le verrez dans de futurs articles, alors qu’elle est pourtant déterminante pour aider l’enfant à progresser et à éviter l’échec scolaire.

🔹Quels signes doivent alerter ? 

Un enfant dyspraxique peut présenter plusieurs difficultés dans la vie quotidienne :

Autonomie et gestes du quotidien

  • difficultés à s’habiller (boutons, lacets, fermeture éclair, enfilage…)
  • difficultés pour se coiffer ou s’habiller correctement
  • maladresse lors des repas : se servir, couper les aliments, renverser, se tacher

Motricité et coordination

  • maladresse globale, chutes fréquentes
  • objets souvent cassés ou renversés
  • difficultés avec les ciseaux, la règle, le compas…

Graphisme et écriture

  • difficultés de motricité fine (coloriage, découpage, manipulation)
  • écriture difficile, souvent peu lisible (dysgraphie associée possible)
  • préférence pour l’écriture en capitales
  • dessins pauvres ou peu organisés
  • recours fréquent à l’ordinateur

Organisation et repérage

  • difficultés à s’organiser, ranger, retrouver ses affaires
  • oubli du matériel scolaire
  • difficultés à se repérer dans l’espace et parfois dans le temps

Apprentissages et loisirs

  • difficultés en géométrie
  • activités sportives compliquées (ballon, vélo…)
  • jeux de construction, puzzles ou Lego ® souvent difficiles ou peu appréciés

🔹Une fatigue importante au quotidien

L’enfant dyspraxique doit souvent fournir un effort considérable pour chaque geste, ce qui entraîne une grande fatigue. Il est fréquemment en situation de « double tâche » : il doit à la fois réfléchir au geste et l’exécuter, ce qui demande énormément de concentration pou run résultat souvent maladroit.

🔹Les causes de la dyspraxie

On distingue deux grands types de dyspraxie :

  • la dyspraxie développementale : liée à un fonctionnement différent du cerveau, sans cause médicale identifiée.
  • la dyspraxie lésionnelle : due à une atteinte cérébrale (prématuré, traumatisme crânien, AVC, tumeur, etc.)

🔹Quels professionnels consulter ?

Le premier interlocuteur est le médecin de l’enfant (généraliste, pédiatre ou neuropédiatre), souvent en lien avec le médecin scolaire, quand il y en a un. Il oriente vers les bilans nécessaires.

Les professionnels impliqués peuvent être :

  • psychomotrien(ne)
  • ergothérapeute
  • orthophoniste
  • orthoptiste (notamment en cas de troubles visuels ou neurovisuels)
  • psychologue et/ou pédopsychiatre

Ces accompagnements permettent aussi de soutenir l’enfant sur le plan émotionnel, car les difficultés peuvent entraîner anxiété, perte de confiance, phobie scolaire ou découragement.

🔹Et si on essayait de comprendre ?

Pour mieux comprendre le quotidien d’une personne dyspraxique, on peut imaginer une situation simple : mettre des gants de boxe et essayer de s’habiller, écrire, manger ou faire ses lacets.

Ce décalage illustre bien la difficulté : ce n’est pas un manque de volonté, mais un trouble de la coordination.

🔹Une conclusion importante

La dyspraxie n’est pas une maladie. On ne « guérit » pas de la dyspraxie, mais on apprend à compenser, adapter et développer des stratégies pour gagner en autonomie.

Avec les bons aménagements et un accompagnement adapté, les enfants dyspraxiques peuvent progresser, réussir et trouver leur place. Derrière chaque geste difficile, il y a un enfant qui fait de son mieux avec ses propres chemins. À nous de les rendre possibles.

Dans certains cas, un déficit de l’attention peut également être associé à la dyspraxie. Un sujet que nous aborderons plus en détail dans un prochain article.

📌 Une fiche pratique à télécharger

Je vous partage ici une fiche à télécharger sur la dyspraxie, pour vous aider à garder l’essentiel à portée de main et le partager si besoin.

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