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Le PPS : des adaptations pour apprendre autrement

Lorsqu’un enfant présente un trouble du neurodéveloppement, il peut avoir les capacités nécessaires pour apprendre, mais rencontrer des obstacles dans les modalités habituelles d’enseignement. Écrire, copier une leçon, lire une consigne, s’organiser, rester attentif, gérer plusieurs informations en même temps ou encore restituer ses connaissances à l’écrit peuvent lui demander un effort considérable.

Le problème n’est alors pas nécessairement ce que l’enfant sait ou ne sait pas faire, mais la manière dont on lui demande d’y accéder ou de le montrer. C’est justement là que les adaptations prévues dans le cadre du PPS peuvent avoir toute leur importance.

🔹Adapter, ce n’est pas faire à la place de l’enfant

Adapter la scolarité ne signifie pas supprimer les apprentissages ou demander moins à l’enfant. Il s’agit de modifier certaines modalités lorsque celles-ci constituent un obstacle en raison de son handicap. L’objectif reste le même : permettre à l’enfant d’accéder aux apprentissages et de montrer ses compétences, mais en lui proposant un chemin qui soit compatible avec son fonctionnement.

Par exemple, si un élève connaît parfaitement sa leçon d’histoire mais que la dysgraphie l’empêche de rédiger suffisamment rapidement, lui permettre de répondre à l’ordinateur ou à l’oral ne revient pas à lui donner un avantage. Cela permet simplement d’évaluer ses connaissances sans que ses difficultés d’écriture ne prennent le dessus sur la compétence que l’on cherche à évaluer.

🔹On peut apprendre autrement

Les adaptations peuvent concerner de nombreux aspects de la vie scolaire.

Pour un enfant qui rencontre des difficultés importantes en écriture, on pourra par exemple :

  • réduire la copie,
  • fournir les cours ou les supports déjà préparés,
  • utiliser un ordinateur,
  • permettre certaines réponses à l’oral.

Pour un enfant qui a des difficultés d’accès à l’écrit, les consignes peuvent être lues ou reformulées et certains supports peuvent être adaptés.

Pour un enfant qui rencontre des difficultés attentionnelles ou exécutives, il peut être nécessaire de limiter les distracteurs, de fractionner les consignes, de présenter une étape à la fois ou de l’aider à planifier son travail.

D’autres adaptations peuvent concerner l’organisation matérielle, la place dans la classe, la possibilité de travailler ponctuellement dans un environnement moins stimulant, le temps accordé pour certaines tâches ou encore les modalités d’évaluation.

Toutes ces adaptations n’ont évidemment pas vocation à être appliquées systématiquement à tous les enfants présentant un TND. Un enfant dysgraphique, un enfant dyspraxique, un enfant avec un TDAH ou un enfant présentant plusieurs troubles associés n’aura pas nécessairement les mêmes besoins. C’est pourquoi une simple liste d’aménagements « classiques » ne suffit pas : les adaptations doivent correspondre aux difficultés réellement rencontrées par l’enfant.

🔹Partir du besoin plutôt que de la liste d’aménagements

Pour déterminer une adaptation pertinente, il peut être utile de raisonner en trois étapes :

  • Quelle difficulté est observée ?
  • Quel obstacle cette difficulté crée-t-elle dans les apprentissages ?
  • Et quelle adaptation permet de contourner cet obstacle ?

Prenons l’exemple d’un enfant présentant une dysgraphie importante. Si l’écriture manuscrite lui demande tellement d’efforts qu’il n’arrive plus à se concentrer sur ce qu’il doit apprendre ou qu’il ne parvient pas à terminer son travail, le besoin n’est pas simplement « d’écrire moins ». Il est de réduire le coût de l’écriture afin que l’enfant puisse consacrer ses ressources à l’apprentissage. L’utilisation de l’ordinateur, la limitation de la copie, la fourniture de supports déjà préparés ou certaines réponses à l’oral peuvent alors constituer des réponses adaptées.

Cette manière de réfléchir permet également d’éviter les adaptations qui sont prévues sur le papier mais qui ne répondent pas réellement aux besoins de l’enfant. Une adaptation pertinente est celle qui permet concrètement de lever ou de réduire un obstacle rencontré dans la situation scolaire.

🔹Adapter n’est pas donner un avantage

C’est une confusion que les familles peuvent parfois rencontrer : « Avec un ordinateur, il est avantagé », « Pourquoi lui donner plus de temps ? », « Les autres doivent écrire, lui aussi ». Pourtant, une adaptation n’a pas pour objectif de favoriser l’enfant par rapport aux autres élèves. Elle vise à compenser une difficulté liée à son handicap.

Si un élève met deux fois plus de temps à écrire parce que le geste graphique lui demande un effort important, lui permettre d’utiliser un ordinateur ne lui donne pas une compétence supplémentaire. Cela lui permet simplement de produire son travail sans que la difficulté motrice ou graphique ne masque ses connaissances. De la même manière, un temps supplémentaire peut permettre à un enfant de terminer une tâche lorsqu’une partie de son temps est absorbée par des difficultés qui ne sont pas celles que l’exercice cherche à mesurer.

L’équité ne consiste donc pas toujours à demander exactement la même chose à tout le monde. Elle peut nécessiter de modifier certaines modalités pour permettre à chacun d’accéder aux apprentissages et de montrer ce qu’il sait.

🔹Des adaptations qui peuvent concerner les apprentissages… mais aussi leur environnement

Les adaptations ne concernent pas uniquement les outils utilisés par l’enfant. Elles peuvent également porter sur l’organisation de son travail et de son environnement. Une place adaptée dans la classe, la réduction des distracteurs, des consignes plus courtes ou présentées étape par étape, des repères visuels, une aide à la planification ou encore la possibilité de disposer d’un espace moins stimulant peuvent parfois faire une réelle différence.

Pour certains enfants, la difficulté vient aussi de la double tâche. Écouter une explication tout en copiant le cours, par exemple, peut mobiliser tellement de ressources qu’ils ne parviennent plus à suivre l’enseignement. Fournir le cours ou limiter la copie peut alors permettre à l’enfant de se concentrer sur ce qui est réellement important : comprendre et apprendre.

🔹Le PPS doit répondre aux besoins de l’enfant

Le PPS n’est donc pas une simple liste d’aménagements accordés à l’élève. Il doit permettre de formaliser les réponses nécessaires à ses besoins particuliers et de donner un cadre commun à l’ensemble des personnes qui interviennent dans sa scolarité.

Plus les adaptations sont précises, plus elles sont faciles à comprendre et à mettre en œuvre. Une formulation comme « adapter les supports » peut laisser beaucoup de place à l’interprétation. À l’inverse, préciser que « les cours sont fournis afin de limiter la copie manuscrite » ou que « les consignes longues sont fractionnées et présentées une à une » permet de savoir concrètement ce qui est attendu.

Cette précision est particulièrement importante lorsque plusieurs enseignants interviennent auprès de l’enfant. Le PPS doit permettre d’assurer une continuité dans les adaptations, même lorsque l’enfant change de classe ou d’enseignant.

🔹Le PPS, un cadre qui s’impose à l’établissement

Les adaptations et aménagements prévus dans le PPS ne sont pas de simples recommandations. Le PPS est opposable à l’établissement scolaire, c’est-à-dire qu’il s’impose à l’établissement. Les mesures qui y sont prévues doivent donc être mises en œuvre.

Cela ne signifie pas que tout se déroule toujours parfaitement dans les faits. Il peut arriver qu’un enfant commence l’année sans les aménagements prévus, qu’un enseignant ne connaisse pas le PPS ou qu’une adaptation ne soit pas mise en place. Dans ce cas, les parents peuvent demander que les mesures prévues soient effectivement appliquées et, si nécessaire, engager des démarches pour faire respecter le PPS.

Le PPS est donc bien plus qu’une liste de conseils : il constitue un cadre de référence pour la scolarisation de l’enfant en situation de handicap.

🔹Les adaptations peuvent évoluer

Les besoins d’un enfant ne sont pas nécessairement les mêmes tout au long de sa scolarité. Une adaptation qui était indispensable à un moment donné peut devenir moins nécessaire, tandis qu’une autre peut s’avérer indispensable avec l’évolution des exigences scolaires.

L’arrivée au collège, par exemple, peut faire apparaître de nouvelles difficultés liées à l’augmentation de la quantité d’écrits, au changement de salle, à la multiplication des enseignants ou à la nécessité de gérer davantage de matériel et de devoirs.

C’est pourquoi les adaptations doivent pouvoir être réévaluées lorsque les besoins de l’enfant évoluent. Les échanges avec l’équipe éducative et, lorsque cela est nécessaire, les réunions de l’équipe de suivi de la scolarisation permettent de faire le point sur ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne plus et ce qui doit être ajusté.

📌 À retenir

Adapter ne signifie pas demander moins à l’enfant. Cela signifie parfois changer la manière de lui permettre d’accéder à l’apprentissage et de montrer ce qu’il sait.

Lorsqu’un enfant ne parvient pas à réaliser une tâche dans les conditions ordinaires, la première question ne devrait donc pas être « Est-ce qu’il peut le faire comme les autres ? », mais plutôt : « Qu’est-ce qui l’empêche de le faire et de quoi a-t-il besoin pour pouvoir y parvenir ? »

C’est à partir de cette réflexion que les adaptations prennent tout leur sens : non pas contourner les apprentissages, mais permettre à l’enfant d’y accéder autrement.

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