Quand on parle d’AESH, on entend souvent parler d’« accompagnement », de « 16 heures », de « notification MDPH »… mais concrètement, quel est le rôle d’une AESH à l’école ?
Et surtout : qu’est-ce qu’elle peut faire ? Qu’est-ce qu’on peut lui demander ? Est-elle là pour aider l’enfant à travailler, pour écrire à sa place, pour le surveiller ?
Ces questions, beaucoup de parents se les posent. Et ce n’est pas étonnant : le rôle de l’AESH est parfois mal compris, y compris au sein de l’école.
Pourtant, son rôle est essentiel : elle accompagne l’élève en situation de handicap afin de lui permettre d’être le plus autonome possible et d’accéder aux apprentissages et à la vie scolaire.
🔹L’AESH, ce n’est pas une « deuxième maîtresse »
C’est probablement la première chose à clarifier.
L’AESH n’est pas une enseignante supplémentaire. Elle ne prépare pas les cours, ne décide pas des objectifs pédagogiques et n’est pas responsable des apprentissages de l’enfant. C’est l’enseignant qui reste responsable de l’enseignement.
L’AESH intervient en complément, pour permettre à l’élève de réaliser les activités proposées malgré les difficultés liées à son handicap.
Son objectif n’est donc pas de faire réussir l’enfant à sa place.
Au contraire : elle doit l’aider à faire seul, autant que possible.
🔹L’AESH n’est pas « l’assistante de la maîtresse »
C’est une autre confusion fréquente.
L’AESH accompagne un ou plusieurs élèves en situation de handicap. Elle n’est pas là pour assister l’enseignant dans la gestion de sa classe.
Elle n’a pas vocation à remplacer l’enseignant, à prendre en charge la classe entière à sa place ou à assurer ses missions pédagogiques.
Pourtant, dans certaines écoles, les frontières peuvent devenir floues.
Il peut arriver qu’une AESH soit sollicitée pour surveiller la classe en attendant l’arrivée de l’enseignant ou qu’elle se retrouve à gérer le groupe pendant que celui-ci participe à une réunion.
Cette situation peut sembler pratique : l’AESH est déjà présente dans la classe. Mais sa présence ne signifie pas qu’elle a pour mission de prendre en charge l’ensemble des élèves.
Et surtout, lorsqu’elle doit gérer toute la classe, elle n’est plus pleinement disponible pour l’élève ou les élèves qu’elle accompagne.
▸« Mais puisqu’elle est déjà là… »
C’est justement là que se trouve le piège.
L’AESH est présente. Elle connaît les enfants et elle est habituée à la classe. Alors il peut sembler pratique de lui demander de surveiller le groupe quelques minutes, de gérer la classe pendant une réunion ou d’aider l’enseignant dans son organisation.
Mais la facilité d’organisation pour l’école ne doit pas transformer le rôle de l’AESH.
L’AESH n’est pas une enseignante supplémentaire. Elle n’est pas non plus une ATSEM, une surveillante ou une assistante administrative. Son intervention est liée aux besoins des élèves en situation de handicap qu’elle accompagne.
Son intervention est liée aux besoins des élèves en situation de handicap qu’elle accompagne.
Et lorsque l’AESH est occupée à gérer l’ensemble de la classe, elle n’est plus disponible pour reformuler une consigne, aider l’enfant à s’organiser, l’accompagner dans une activité, favoriser son autonomie ou simplement lui apporter l’aide prévue.
L’AESH peut donc être physiquement présente dans la classe sans être réellement disponible pour l’enfant qu’elle accompagne.
🔹L’AESH travaille avec l’enseignant, mais ne travaille pas « pour » l’enseignant
Il existe évidemment une collaboration indispensable entre l’enseignant et l’AESH.
L’enseignant explique les objectifs de l’activité, les adaptations prévues et les besoins de l’élève. L’AESH met ensuite en œuvre, dans le cadre de ses missions, les gestes d’accompagnement nécessaires.
Cette collaboration est essentielle.
Mais collaborer avec l’enseignant ne signifie pas être son assistante.
L’enseignant est responsable de la classe et des apprentissages. L’AESH accompagne l’élève en situation de handicap.
Les deux travaillent ensemble, mais ils n’occupent pas le même rôle.
🔹Alors, que fait concrètement une AESH ?
Le rôle de l’AESH peut prendre différentes formes selon les besoins de l’enfant.
Elle peut notamment aider l’élève à :
▸Comprendre les consignes
Une consigne écrite ou orale peut être difficile à comprendre pour certains enfants. L’AESH peut reformuler, expliquer autrement ou vérifier que l’enfant a compris ce qui lui est demandé.
Elle ne donne pas la réponse. Elle permet simplement à l’enfant d’accéder à la consigne.
▸S’organiser
Certains enfants savent parfaitement ce qu’ils doivent faire… mais ne savent pas par où commencer.
Sortir le bon matériel, retrouver la bonne page, suivre les différentes étapes d’un exercice, gérer son temps ou passer d’une activité à une autre peuvent représenter de véritables difficultés.
L’AESH peut alors aider l’enfant à structurer son activité.
▸Entrer dans la tâche
Pour certains élèves, le plus difficile n’est pas nécessairement l’exercice lui-même. C’est de commencer.
Se mettre au travail, rester attentif suffisamment longtemps, comprendre ce qu’on attend de lui et ne pas se perdre dans les différentes étapes peuvent demander énormément d’efforts.
L’AESH peut aider l’enfant à se remettre dans l’activité et à maintenir son attention lorsque cela est nécessaire.
▸Compenser certaines difficultés motrices
Pour un enfant ayant des difficultés de coordination, de motricité fine ou de graphisme, certaines tâches scolaires peuvent demander beaucoup plus d’efforts que pour les autres élèves.
L’AESH peut par exemple aider à installer le matériel, à manipuler certains éléments ou à mettre en place les adaptations prévues.
Elle ne doit pas systématiquement faire à la place de l’enfant.
L’objectif est de réduire l’obstacle qui l’empêche d’accéder à l’activité.
▸Faciliter la communication
Certains enfants peuvent avoir des difficultés à comprendre les échanges, à s’exprimer, à prendre la parole devant le groupe ou à interpréter certaines situations sociales.
L’accompagnement peut alors permettre de faciliter les échanges avec l’enseignant ou les autres élèves.
▸Aider dans les moments de transition
Entrer en classe, changer d’activité, aller en récréation, se rendre dans une autre salle, retourner en classe après une pause… Ces moments qui paraissent anodins peuvent être particulièrement difficiles pour certains enfants.
L’AESH peut aider l’élève à anticiper les changements et à passer d’une situation à une autre.
▸Favoriser l’autonomie
C’est finalement l’un des objectifs essentiels de l’accompagnement.
L’AESH n’est pas censée devenir indispensable à chaque étape. Au contraire, son accompagnement doit permettre à l’enfant de développer progressivement ses propres stratégies et son autonomie.
Aider, ce n’est pas faire à la place.
🔹L’AESH ne sert pas uniquement pour les apprentissages
L’accompagnement peut concerner les activités scolaires, mais aussi certains aspects de la vie de l’élève à l’école.
Selon les besoins de l’enfant et ce qui est prévu dans son accompagnement, cela peut notamment concerner :
- l’installation et l’utilisation du matériel,
- les déplacements,
- les changements de salle ou d’activité,
- la communication,
- la compréhension des consignes,
- la participation aux activités collectives,
- l’organisation,
- la gestion de certaines situations difficiles,
- l’accès aux activités scolaires et périscolaires.
Chaque enfant étant différent, l’accompagnement n’est pas identique d’un élève à l’autre.
Une AESH peut donc avoir un rôle très différent auprès de deux enfants, même s’ils bénéficient tous les deux d’une aide humaine.
🔹« Mais il peut faire tout seul à la maison… »
C’est une remarque que certains parents connaissent bien. Et pourtant, elle ne permet pas forcément de déterminer si un enfant a besoin d’une aide humaine à l’école.
Parce que l’école n’est pas la maison.
En classe, l’enfant doit gérer simultanément les consignes, le bruit, les autres élèves, le matériel, les changements d’activité, le temps limité, la quantité de travail, les interactions sociales, la fatigue, les attentes scolaires.
Un enfant peut donc être capable de réaliser une tâche dans un environnement calme, avec un adulte disponible et du temps, mais ne plus parvenir à la réaliser dans les conditions ordinaires de la classe.
Ce n’est pas forcément un manque de volonté ou de compétences.
C’est parfois simplement que les difficultés deviennent beaucoup plus importantes lorsque plusieurs exigences sont réunies.
🔹Pourquoi demander une AESH ?
Une demande d’aide humaine ne signifie pas que les parents considèrent que leur enfant est incapable. C’est même souvent exactement l’inverse.
L’objectif est de lui permettre de participer réellement à sa scolarité.
Dans notre cas, c’est notamment pour cette raison que nous avons demandé une aide humaine pour Alyss.
Ses troubles ont des conséquences très concrètes sur sa scolarité : difficultés importantes d’attention, de motricité, de graphisme, d’organisation, mais aussi difficultés dans la compréhension et le traitement de certaines informations.
Une tâche qui paraît simple peut lui demander beaucoup plus d’efforts qu’à un autre enfant.
L’aide humaine ne devait donc pas faire les exercices à sa place. Elle devait lui permettre d’accéder aux activités proposées, de comprendre ce qui était attendu, de s’organiser et de rester suffisamment disponible pour apprendre.
Nous ne demandions pas quelqu’un pour « faire à sa place ». Nous demandions les moyens nécessaires pour qu’elle puisse faire avec les autres, autant que possible.
🔹Une AESH ne doit pas devenir l’ombre de l’enfant
Une AESH n’a pas vocation à être constamment collée à l’enfant ou à intervenir pour chaque petite difficulté.
L’accompagnement doit être adapté aux besoins réels de l’élève.
Parfois, l’AESH intervient directement. Parfois, elle observe et laisse l’enfant chercher sa propre solution. Parfois, elle rappelle une stratégie déjà travaillée. Parfois, elle intervient uniquement lorsque la difficulté devient trop importante.
L’objectif est toujours de trouver le juste équilibre entre accompagner et laisser faire.
Parce qu’une aide humaine réussie, ce n’est pas un enfant qui ne fait plus rien seul. C’est un enfant qui peut progressivement faire davantage de choses seul parce qu’on lui a donné les bons moyens pour y parvenir.
🔹Finalement, quel est le rôle d’une AESH ?
On pourrait résumer son rôle très simplement :
L’AESH est là pour permettre à un élève en situation de handicap de participer à la vie scolaire et d’accéder aux apprentissages avec le maximum d’autonomie possible.
Elle peut aider à comprendre, s’organiser, communiquer, manipuler, se déplacer, entrer dans une activité ou maintenir son attention.
Mais elle n’est ni une enseignante, ni une baby-sitter, ni une personne chargée de faire le travail à la place de l’enfant.
Son rôle est de lever certains obstacles liés au handicap pour permettre à l’élève d’être élève.
Et c’est peut-être finalement la meilleure façon de comprendre son utilité : l’AESH n’est pas là pour donner un avantage à l’enfant.
L’AESH n’est pas là pour donner un avantage à l’enfant. Elle est là pour lui permettre d’avoir accès à l’école malgré les obstacles que son handicap crée sur son parcours.
🔹À retenir
L’AESH peut notamment aider l’enfant à :
✔ comprendre et reformuler les consignes
✔ s’organiser
✔ entrer dans une activité
✔ maintenir son attention
✔ utiliser son matériel
✔ compenser certaines difficultés motrices
✔ communiquer
✔ gérer certaines transitions
✔ participer aux activités collectives
✔ développer progressivement son autonomie
Mais elle ne doit pas :
✘ faire le travail à la place de l’enfant
✘ se substituer à l’enseignant
✘ décider des apprentissages
✘ rendre l’enfant dépendant de sa présence
L’objectif reste toujours le même : permettre à l’enfant de faire avec les autres, et progressivement de faire seul, lorsque cela est possible.
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