Comprendre les troubles

L’impulsivité expliquée par Alyss

Quand on parle du TDAH, on entend souvent parler d’impulsivité. Mais derrière ce mot, qu’est-ce que cela signifie réellement pour un enfant ? Pour les adultes, l’impulsivité est parfois résumée rapidement : agir sans réfléchir, faire quelque chose trop vite, ne pas prendre le temps de penser aux conséquences. Mais vu de l’intérieur, ce fonctionnement peut être beaucoup plus complexe. Et parfois, ce sont les enfants eux-mêmes qui trouvent les mots les plus justes.

Avec Alyss, il y a une phrase qui m’a particulièrement marquée :

« C’est mon cerveau qui agit plus vite que mon corps. »

🧠 « Mon cerveau dit : fais ça. Mon corps le fait. »

Alyss sait parfaitement que certaines choses sont des bêtises. Elle sait faire la différence entre ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas. Elle comprend les règles et elle est capable d’expliquer pourquoi une action n’était pas une bonne idée. Mais parfois, entre l’idée qui arrive et le moment où elle agit, il y a un décalage.

Elle m’a un jour expliqué :

« Mon cerveau dit : fais ça. Mon corps le fait. Mais je sais quand j’ai commencé ou après, que mon cerveau m’a fait faire une bêtise. »

Avec ses propres mots, elle décrit ce qu’elle ressent : une idée apparaît, l’action démarre, et la prise de conscience arrive parfois après. Ce n’est pas qu’elle ne comprend pas. Ce n’est pas qu’elle ne sait pas. C’est qu’au moment où l’impulsion arrive, elle a parfois du mal à créer cet espace entre l’envie de faire quelque chose et l’action elle-même.

BD générée avec l’aide de l’IA et entièrement retravaillée par mes soins, spécialement créée pour Alyss à Dysland.

💭 « Je ne peux pas empêcher mon corps de faire ce que mon cerveau décide »

Cette autre phrase d’Alyss m’a également beaucoup interpellée :

« Je ne peux pas empêcher mon corps de faire ce que mon cerveau décide. »

Bien sûr, cela ne signifie pas qu’elle n’a aucun contrôle sur ses actes ou qu’elle ne peut pas apprendre à gérer son impulsivité. Mais cela explique le ressenti qu’elle peut avoir dans certains moments. Elle ne cherche pas à dire : « Je n’y suis pour rien. » Elle essaie plutôt d’expliquer : « Je sais que ce n’était pas une bonne idée, mais j’ai eu l’impression que l’action était déjà partie avant que je puisse l’arrêter. »

Et cette nuance est importante. Parce qu’un enfant qui regrette une bêtise après coup n’est pas forcément un enfant qui aurait pu facilement l’éviter au moment où elle s’est produite.

🔹 Pourquoi les explications ne suffisent pas toujours

Comme beaucoup de parents, j’ai parfois pu me demander : « Mais puisqu’elle sait que ce n’est pas bien, pourquoi recommencer ? » C’est une question que beaucoup de familles se posent. On s’est tous demandé à un moment ou un autre, si notre enfant ne se payait pas notre tête.

Pourtant, comprendre une règle et réussir à l’appliquer au moment où une impulsion arrive sont deux choses différentes. Alyss peut être capable d’expliquer parfaitement pourquoi une situation a posé problème quelques minutes plus tard. Elle peut analyser ce qui s’est passé. Elle peut même parfois en rire ou trouver elle-même que son idée était absurde. Mais cela n’empêche pas que, sur le moment, son cerveau ait été plus rapide que sa capacité à se freiner.

🔹 Des bêtises parfois… étonnamment créatives

Ce qui est particulier avec Alyss, c’est que certaines de ses « bêtises » sont aussi le reflet d’une grande créativité.

Elle m’a récemment dit :

« Mes bêtises sont toujours très débiles, mais quand même hyper intelligentes. »

Et quelque part… elle n’a pas complètement tort. Parce que pour avoir certaines idées, il faut parfois faire preuve d’une imagination assez impressionnante. Le problème n’est pas forcément l’idée de départ. C’est parfois le fait de ne pas avoir eu le temps de se demander : « Est-ce vraiment une bonne idée de le faire ? » avant de passer à l’action.

C’est ce qui rend certaines situations à la fois épuisantes pour les parents… et parfois assez surprenantes. Vous savez, ce moment où il vous fait disjoncter, puis ensuite, une fois seul, vous rigolez de cette bêtise.

🔹Mettre des mots pour mieux comprendre

Ce qui m’a le plus marquée dans les explications d’Alyss, ce n’est pas seulement ce qu’elle décrit. C’est le fait qu’elle ait réussi à mettre des mots sur son propre fonctionnement. Tous les enfants n’arrivent pas forcément à expliquer ce qui se passe dans leur tête. Certains savent seulement qu’ils « n’arrivent pas à s’empêcher », sans comprendre pourquoi.

Alors peut-être que les mots d’Alyss pourront aider d’autres enfants. Peut-être qu’un enfant qui lira cette phrase :

« Mon cerveau agit plus vite que mon corps. »

se dira : « Mais oui… c’est exactement ça qui se passe dans ma tête. »

Et parfois, se sentir compris est déjà une première étape importante.

Comprendre son fonctionnement ne veut pas dire excuser toutes les actions. Mais cela permet de chercher des solutions adaptées : apprendre à ralentir, repérer les situations à risque, demander de l’aide, trouver des stratégies qui fonctionnent pour soi.

Parce qu’avant de demander à un enfant de changer un comportement, il faut parfois commencer par comprendre ce qui se passe réellement dans son cerveau.

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