Lorsque nous avons enfin obtenu des explications sur les douleurs aux pieds d’Alyss, plusieurs termes médicaux sont apparus : pieds plats valgus, aponévrosite plantaire, tendinopathie d’Achille, puis plus récemment maladie de Sever.
Avant cela, nous savions qu’elle avait mal. Mais nous ne comprenions pas pourquoi.
Mettre des mots sur ses douleurs n’a pas tout réglé, mais cela nous a permis de mieux comprendre son fonctionnement, d’adapter son quotidien et d’échanger plus facilement avec les professionnels qui l’accompagnent.
Cet article n’a pas vocation à remplacer un avis médical. Il raconte simplement ce que nous avons appris au fil du parcours d’Alyss.

🔹Les pieds plats valgus : un déséquilibre des appuis
Le premier élément identifié chez Alyss a été la présence de pieds plats valgus.
Un pied plat valgus correspond à un affaissement de la voûte plantaire associé à un pied qui a tendance à partir vers l’intérieur. Concrètement, cela modifie la façon dont le pied prend appui au sol.
Chez Alyss, cela se traduit notamment par :
- des douleurs sous les pieds,
- des douleurs aux chevilles,
- une fatigue rapide lors de la marche,
- une difficulté à rester longtemps debout.
Les pieds ne sont pas isolés du reste du corps : lorsqu’un appui est modifié, cela peut avoir des conséquences sur les tendons, les muscles et les articulations situés plus haut.
🔹L’aponévrosite plantaire : des douleurs sous le pied
L’aponévrose plantaire est une bande fibreuse située sous le pied, qui participe au maintien de la voûte plantaire. Lorsqu’elle est irritée ou sollicitée de façon excessive, cela peut provoquer des douleurs sous le pied.
Chez Alyss, les douleurs décrites correspondent notamment à :
- une sensation de brûlure,
- l’impression que des « clous sont plantés » sous ses pieds,
- des douleurs apparaissant rapidement lors de la marche.
Une chose nous a particulièrement marqués : ses pieds deviennent rouges et chauds après seulement quelques minutes de marche.
🔹La tendinopathie d’Achille : quand le tendon est sollicité
La tendinopathie d’Achille concerne le tendon situé à l’arrière de la cheville, reliant les muscles du mollet au talon.
Chez Alyss, les douleurs ne se limitent pas à la plante des pieds. Elle ressent également des douleurs :
- derrière les chevilles,
- au niveau des talons,
- dans les jambes et les mollets.
Les professionnels qui la suivent ont également fait le lien avec sa façon de marcher lorsqu’elle était petite.
Alyss a longtemps marché sur la pointe des pieds. D’après les professionnels qui l’accompagnent, cette habitude pourrait avoir contribué à une tension excessive du tendon d’Achille.
🔹La maladie de Sever : une douleur au niveau du talon chez l’enfant
En novembre 2025, lors d’une consultation en médecine physique et réadaptation dans un institut pédiatrique, la maladie de Sever a été évoquée.
La maladie de Sever correspond à une douleur liée à la zone de croissance située au niveau du talon, chez l’enfant en croissance. Elle apparaît notamment chez des enfants actifs, lorsque cette zone est fortement sollicitée.
Dans le cas d’Alyss, ce diagnostic est venu compléter les éléments déjà identifiés.
Il explique une partie des douleurs, notamment au niveau des talons, mais l’ensemble de ses symptômes reste plus large.
🔹Les semelles orthopédiques : un accompagnement sur la durée
Après le diagnostic posé par la podologue, Alyss a porté des semelles orthopédiques.
Elles ont plusieurs objectifs :
- corriger ou accompagner les appuis,
- mieux répartir les contraintes sur le pied,
- limiter certaines tensions.
Alyss les porte en permanence dans ses baskets.
Après une première adaptation au bout d’un an, les semelles ont été remplacées en janvier 2026 par un modèle plus épais, conformément aux recommandations du spécialiste qui la suit.
Nous avons également testé des chaussures avec davantage de maintien et des semelles plus épaisses. Sachant que ses anciens modèles étaient déjà pas mal d’après les professionnels.
🔹La kinésithérapie : travailler autrement
Alyss a débuté des séances de kinésithérapie en janvier 2024.
L’objectif n’est pas seulement de « faire disparaître la douleur », mais aussi de travailler :
- les tensions musculaires,
- les appuis,
- la mobilité,
- la façon dont son corps fonctionne dans son ensemble.
La kinésithérapie fait partie de son quotidien depuis maintenant plusieurs années.
🔹Les adaptations mises en place au quotidien
Au-delà des traitements et des rendez-vous, nous avons dû adapter beaucoup de choses.
▸ Les chaussures
Le choix des chaussures est devenu un vrai sujet.
Les chaussures trop fines ou peu adaptées augmentent ses douleurs. Les sandales sont particulièrement compliquées à porter.
Depuis petite Alyss ne porte que ses baskets, peu importe la saison et peu importe la tenue : elle mettra ses baskets. Bien que je lui achète des sandales l’été, les chaussures dans lesquelles elle souffre le moins sont, à ce jour, ses baskets. Elle privilégie des chaussures qui lui apportent davantage de soutien et causent le moins de douleurs possible. Autant dire qu’avec les chaleurs de cet été, devoir porter des baskets tous les jours, c’est tout sauf un plaisir. Après une journée passée dans ses chaussures par 40 °C, elle n’a qu’une envie en rentrant : enlever ses baskets, ses chaussettes (parce que oui, qui dit baskets, dit chaussettes) et tout ce qui peut encore l’empêcher de marcher pieds nus. Et je peux ensuite suivre la trace de ses pieds transpirants ! 😂
▸ Les activités physiques
Alyss n’est pas une enfant qui refuse l’activité physique. Elle fait notamment de l’équitation. Cependant, elle doit adapter ses activités.
Elle peut courir quelques foulées, mais elle doit alterner avec de la marche. Une course imposant de courir sans interruption n’est donc pas adaptée.
En équitation, elle a également trouvé une adaptation : elle modifie naturellement la position de son pied dans l’étrier pour éviter une douleur. Même si la position qu’elle adopte est justement celle qu’elle ne doit pas avoir, pour une question de sécurité.
▸ Le repos
À ce jour, ce qui soulage le plus Alyss reste :
- le repos,
- les bains de pieds.
Elle ne prend pas de traitement médicamenteux pour ces douleurs.
🔹Ce que nous avons appris
Ce parcours nous a appris une chose essentielle : une douleur chez un enfant mérite d’être écoutée, même lorsqu’elle ne correspond pas aux attentes habituelles.
Un enfant peut avoir envie de participer, aimer les sorties, être actif… et pourtant être limité par des douleurs réelles.
Alyss nous a beaucoup aidés dans ce parcours parce qu’elle sait expliquer ce qu’elle ressent. Ses mots d’enfant, ses images et ses observations sont devenus de véritables outils pour les professionnels qui la suivent.
Aujourd’hui, nous continuons à chercher les meilleures adaptations pour lui permettre de profiter au maximum de ce qu’elle aime, tout en respectant son corps.
Chaque enfant est différent. Ce qui fonctionne pour Alyss ne conviendra pas forcément à un autre enfant. Mais si un enfant se plaint régulièrement de douleurs aux pieds, aux jambes ou à la marche, ces plaintes méritent d’être entendues et explorées.