Nous arrivons finalement en région parisienne un peu après 16 h et rejoignons la famille du côté d’Angervilliers. Habituellement, nous sortons par le péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines.
Sur place, le week-end n’a rien d’un vrai moment de pause. Il est rythmé par la surveillance quasi continue des informations trafic : état des routes, blocages, évolutions de la situation autour des grands axes.
Un important point de blocage est d’ailleurs signalé à proximité, sur notre itinéraire, ce qui complique fortement toute projection pour le trajet vers Vincennes.
Le départ vers Vincennes
Le dimanche, nous partons comme prévu en début d’après-midi, vers 13 h.
Objectif : rejoindre Vincennes pour 15 h.
Sur le papier, ça paraît simple. Dans la réalité, on sait déjà que rien n’est vraiment simple depuis le début de ce trajet.
On consulte une dernière fois les infos trafic avant de partir. Certaines portions restent signalées comme perturbées, d’autres comme fermées ou saturées. Le GPS, lui, propose encore plusieurs itinéraires alternatifs, tous plus ou moins incertains.
On finit par choisir le plus “logique” sur le moment, sans grande conviction, mais avec l’habitude maintenant de composer avec l’imprévu. On sera bien à Vincennes avant le rendez-vous de lundi matin à 9 h :)
Arrivée à Vincennes
Après quelques détours, on arrive enfin au Royal Regency Paris Vincennes, réservé via Booking pour une seule nuit. L’hôtel a aussi été choisi pour un détail très concret : la présence d’un parking. Une fois la voiture posée, elle ne bougera plus jusqu’au départ. L’objectif est simple : limiter au maximum les déplacements.
Le rendez-vous avec la neuropédiatre est prévu le lundi matin à 9 h, à une dizaine de minutes à pied. Nous pourrons donc nous y rendre à pied, revenir à l’hôtel, récupérer la voiture ensuite.
Le reste de l’organisation s’enchaîne ensuite assez rapidement dans nos têtes : retour prévu dans la foulée chez la famille vers Angervilliers après le rendez-vous, puis départ le mardi matin pour rentrer sur Narbonne. Je dois reprendre le travail le mercredi à 14 h, ce qui laisse une petite marge en cas d’imprévu, de détour ou de nouveau blocage sur la route.
Avec la situation du moment, cette marge n’est pas du luxe.
On monte les valises dans l’appartement que nous découvrons au passage. Surprise : nous avons été surclassées. L’appartement est vraiment top, donnant sur la rue, mais nouvelle surprise… il est très calme.
Une fois installées, on décide de partir à pied jusqu’au château de Vincennes.
Ce n’est pas une sinécure avec Alyss qui se plaint de douleurs aux pieds, aux chevilles et aux mollets à chaque déplacement à pied. On alterne donc pour la porter, au fil du trajet.
La ville, elle, est magnifique.
Nous passons notamment devant le cimetière, où la passionnée de généalogie que je suis ne peut s’empêcher de faire remarquer que, si j’avais su, nous serions venues plus tôt pour prendre le temps de chercher les tombes de nos ancêtres incinérés à Vincennes. Nous traversons ensuite la place au niveau de l’hôtel de ville, qui au passage, est somptueux.

Nous arrivons au château de Vincennes. Et oui !!! A y être, autant que les filles fassent un peu d’Histoire.

On arrive au château de Vincennes… et on entre.
Enfin, pas tout de suite. Parce que comme des quiches, on commence par en faire le tour complet à la recherche de l’entrée. On ne comprend pas immédiatement que l’entrée… est tout simplement là où nous étions au départ. Résultat : on se retrouve du côté de l’hippodrome.
Et là, réflexion collective : la grande porte face à l’hippodrome ne peut pas être l’entrée principale… évidemment, c’est fermé. On refait donc le tour. Au passage, on prend quand même quelques photos devant cette jolie porte, puisqu’après tout, on est déjà là.
On ne poussera même pas jusqu’à l’hippodrome, malgré la passion d’Alyss pour l’équitation — mais bon, il faut croire qu’on est surtout très concentrées sur notre mission principale : comprendre où entrer dans ce château. L’idée nous viendra bien sûr plus tard… une fois de retour à Narbonne, une semaine après.
Finalement, on finit par entrer dans l’enceinte du château.
On découvre d’abord la partie ancienne et on passe par la boutique, parce que chez nous, tout est fait dans l’ordre et avec une grande cohérence.
Puis on poursuit naturellement la visite vers le donjon et commençons la visite par les remparts. Nous faisons le grand tour, appareil photo à la main, en découvrant les différentes reconstitutions et points de vue sur l’histoire du château.




On peut notamment voir l’évolution de Vincennes entre 1740 et aujourd’hui, le cabinet d’études en encorbellement du roi Charles V, le chemin de ronde du XIVe siècle modifié au XVIIe, ainsi que des reconstitutions de décors peints du XVIe siècle.
On passe aussi devant la galerie d’où s’est évadé François de Bourbon-Vendôme, duc de Beaufort, en 1648, et devant de nombreux graffitis historiques encore visibles sur les murs du château.
On entre ensuite dans le cabinet de travail de Charles V, où les photos s’enchaînent naturellement.
Puis nous traversons les différentes salles, entre vestiges, inscriptions et traces laissées par les siècles. La chapelle attire particulièrement l’attention avec ses motifs muraux encore visibles, ses peintures et ses ouvertures anciennes.



À ce moment-là, nous décidons de monter à l’étage avec la grande. La petite, elle, ne supporte plus la marche et souffre trop aux pieds. Elle reste donc en bas avec ma mère.
Très vite, je les appelle pour leur dire que l’étage est magnifique et qu’il serait dommage de rater ça…
Avant de les rappeler dans la foulée pour leur dire de ne surtout pas monter. Parce que pour redescendre, c’est une autre histoire.
On emprunte un escalier étroit, interminable, presque absurde après l’escalier principal confortable utilisé pour monter. On rigole avec la famille qui nous suit, en disant qu’on va finir dans les sous-sols du château, dans les cachots.
En bas, on retrouve notamment la cellule du marquis de Sade, des vitrines de documents anciens, et des explications sur les prisons royales de Vincennes, où étaient enfermés les ennemis du roi. Les graffitis laissés par les détenus des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles sont encore très visibles sur les murs.



On visite ensuite la Sainte-Chapelle avec l’oratoire de la reine, le tombeau du duc d’Enghien et le buste du cardinal Mazarin.





La visite se poursuit avec l’exposition consacrée à d’Artagnan et aux mousquetaires du roi, avec son arbre généalogique, ses armes et ses représentations.
La fatigue commence à se faire sentir, mais la ville, elle, reste toujours aussi agréable à traverser.
Sur le chemin du retour, on passe devant une magnifique boulangerie. Et là, j’entends ma mère lâcher :
« Oh punaise ! J’en connais une qui va craquer. » et la grande qui lui répond « C’est clair ! ».
Moi : Oh mais carrément. Mais je ne sais pas lequel prendre. Ils font tous envie.
Évidemment, nous ne parlons pas de la même chose.
Moi, j’avais déjà repéré les meringues en vitrine — beaucoup plus petites, certes, que ce que les autres avaient remarqué.
Elles, de leur côté, étaient plutôt fascinées par le magnifique lustre suspendu dans la boutique, totalement hors budget et probablement hors salon, mais qu’on aurait quand même bien aimé ramener.

Deux visions, deux priorités. Je suis quand même repartie avec une meringue (à défaut du lustre que j’aurais volontiers embarqué). On ne se refait pas.
On reprend le chemin vers l’hôtel en laissant doucement derrière nous cette fin de balade dans Vincennes, avec ses lumières, ses façades et cette impression générale d’avoir découvert une ville bien plus belle que ce qu’on imaginait en arrivant.
Mais la journée n’est pas tout à fait terminée.
Le soir, nous allons dîner à proximité, à la Villa de Capri, située boulevard de la Libération à Vincennes. Sur le papier, le restaurant n’est pas forcément le mieux noté — autour de 3,7 sur 5 — ce qui pourrait laisser penser à une expérience moyenne. Dans les faits, c’est tout l’inverse.
Accueil agréable et chaleureux, service rapide, pizzas excellentes, et surtout cette impression très nette de retrouver une vraie cuisine italienne, simple et sincère.
Et forcément, avec une mère frignanaise et une famille où les pizzerias ne sont pas un concept exotique mais presque un standard, la référence est élevée à la base. On a mangé des pizzas en Italie, dans des contextes familiaux, et ce repas-là fait clairement remonter ce goût-là. Une sorte de retour en arrière, vers les vacances d’enfance et les repas qui durent sans chercher à impressionner, mais qui restent.
Une très bonne surprise, qu’on n’aurait peut-être pas testée sans la proximité de l’hôtel, mais qui tombe parfaitement à la fin de cette journée.
On retourne ensuite à l’hôtel, sans grande énergie. Pas de détour, pas de prolongation de soirée : une douche, et au lit. On tombe littéralement comme des masses. La fatigue accumulée depuis le départ, les détours, les marches et la journée entière de visite se fait enfin sentir.
Seule petite parenthèse notable : la literie est vraiment excellente. Un vrai confort qui permet de s’endormir presque instantanément.
Le lendemain matin, on se prépare et on part à pied vers le cabinet de neuropédiatrie. Le rendez-vous se déroule très bien.
La neuropédiatre nous explique qu’elle est surprise de voir une famille venir d’aussi loin. Habituellement, elle revoit les enfants deux mois plus tard pour poser un bilan et affiner le suivi. Mais compte tenu de la situation et de la distance, elle propose finalement un nouveau créneau le vendredi matin à 8 h 30.
Une fois le rendez-vous terminé, il faut immédiatement réorganiser la suite. Je réserve donc à nouveau une chambre dans le même appart-hôtel pour la nuit du jeudi au vendredi, afin de pouvoir rester sur place. Entre temps, nous retournerons dans la famille, dans le 91.
Je préviens ensuite mon employeur et les établissements scolaires.
Et c’est là que le tableau se complique : ma fille aînée doit partir en voyage scolaire le dimanche matin à 6 h de Narbonne pour la Sicile. Et bien sûr, la veille, il faut acheter le pique-nique du dimanche. Autant dire qu’entre les trajets, les blocages des agriculteurs, les horaires et les valises à faire à distance, on est sur une logistique de niveau “multi-site international”, sans badge ni service coordination.
La suite du programme n’a rien d’un retour tranquille.























